Que faire des tensions que l’on ressent avec la pratique de la méditation ?

Il est peu mentionné que les tensions physiques sont parfois un frein pour la pratique de la méditation. Elles peuvent même pousser à arrêter trop tôt, ce qui fait passer la personne à côté de ce que pourrait lui faire découvrir la méditation. Or, nous sommes dans une société où le stress ou le mal-être provoquent très souvent des tensions physiques de toutes sortes, parfois même sous-jacentes et révélées précisément par l’immobilité du corps lors de la pratique.

Je ne peux que me rappeler à quel point j’ai eu du mal au début à me tenir droit et en tailleur, alors même que je n’avais pas trente ans. Mon corps était douloureux… C’est un sujet important, pourtant simple, évident et néanmoins crucial pour plein de raisons.

Quand on débute la méditation, il y a tellement de choses qui sont nébuleuses que l’on ne se rend pas forcément compte que s’assoir pour méditer peut provoquer ou révéler des douleurs. Ces douleurs ne sont pas à ignorer mais ne sont pas non plus à mettre en avant pour bloquer la pratique. Les freins à la pratique régulière de la pratique sont déjà nombreux (stress, émotions trop intenses, déni, par manque de temps souvent illusoire d’ailleurs car il s’agit alors de choix, etc.) qu’il s’agit de ne pas « en rajouter ». Les tensions sont souvent là, alors que peut-on y faire ? Comment y remédier ?

 

Des postures alternatives

Tout d’abord, nous pouvons voir qu’il y a des alternatives en termes de postures (voir plus loin). Ensuite, il y a aussi des moyens pour faire face qui consistent à apprendre à se détendre en dehors des sessions de méditation.  Et enfin, les tensions, qu’elles soient physiques et/ou émotionnelles, marquent bien que vous ne pouvez pas les contourner ou les nier : il faut faire avec (et non plus contre). La réalité profonde est Une. Les tensions doivent être vues et acceptées, c’est-à-dire accueillies et reconnues pour ce qu’elles sont : des manifestations temporaires de certains messages du corps (et des émotions). Elles naissent, croissent et un jour se dissolvent.

Commençons par le premier point : si ces tensions sont trop importantes, elles prendront trop de place dans votre pratique et vous bloqueront. Il y a alors, en plus des actions pour se détendre que nous verrons plus loin, les différentes possibilités de postures suivantes :

— posture sur une chaise : il n’est pas rare que les genoux, les adducteurs ou le dos soient si douloureux que la posture assise sur un zafu soit contre-productive (si j’ose dire) car on reste obnubilé par la douleur ; aussi être assis sur une chaise au dossier bien vertical permet de maintenir le dos droit, d’avoir les genoux naturellement pliés et de poser les pieds bien au sol. La posture de la nuque peut être mieux appréhendée et les mains posées vers la terre (sur les genoux) offrent un bon ancrage. Il est important aussi de bien caler les lombaires et les fesses au fond de la chaise.

— posture sur un banc de méditation : cette posture propose une alternative à d’autres formes de douleur aux genoux. On peut s’y assoir en seiza, fesses surélevées, mains posées paume vers le sol, dos droit. En cas de douleurs aux abducteurs, c’est un bon moyen de s’assoir.

— posture en quart de lotus : c’est une posture fréquemment usitée. C’est celle où l’une des jambes va se croiser avec l’autre et que sa cheville va reposer sur le mollet ou la cuisse, si la personne est assez souple. L’autre pied est au sol (et non pas croisé avec l’autre jambe), posé sur le coup de pied (dessus du pied). Il est utile de rappeler que pour cette position ou pour celle du demi-lotus ou lotus complet, il est nécessaire de d’abord plier le genou avec la jambe dans l’axe de la hanche. Ce n’est qu’ensuite que vous « ouvrez » la jambe en écartant sur le côté, sans quoi, si vous faites les deux mouvements en même temps (ouverture et flexion), vous abîmerez rapidement les ligaments croisés et cela posera un jour des problèmes aux genoux. Il faut donc d’abord plier le genou et ensuite ouvrir la hanche. Ce sont d’ailleurs leurs axes de mouvements naturels.

Ces alternatives de postures sont donc de bons moyens de soulager les douleurs tout en continuant à méditer. Elles permettent aussi d’apprivoiser la pratique. Si les tensions sont trop dures à soutenir, vous risqueriez d’arrêter pour cette raison. Enfin, je pense que, sauf impossibilité physique, il est bon d’aller vers la pratique assise au sol, si possible sur un Zafu.

 

Assouplir le corps par de petits exercices

Pour mieux vivre la pratique de méditation, vous pouvez avoir recours à de petits exercices préparatoires qui au fil du temps vont vous aider considérablement. Il existe de multiples moyens d’assouplir les abducteurs, les hanches et les fessiers pour vous aider à mieux vivre la posture jusqu’à même ne plus ressentir du tout de douleurs. Il y a de nombreux exercices possibles mais les suivants sont pertinents et efficaces assez  “rapidement” :

— étirement du fessier : en posture de yoga (ci-dessous), cette posture consiste à poser le pied au-delà du genou opposé et de ramener le genou vers soi.

 

— étirement abducteur : mettre les deux plantes de pieds face à face (voir image ci-dessous), genoux écartés, pieds ramenés face au périnée. Exercer des pressions courtes d’abord (avec les coudes ou les paumes de main), puis plus longues, sur les genoux pour détendre les abducteurs et augmenter la souplesse des hanches.

Apprendre à se détendre

Tout d’abord, vous pouvez – devez – apprendre à vous détendre en parallèle de votre pratique de méditation. Bien souvent, les gens viennent à la méditation pour se détendre, mais ils ne voient pas que la méditation peut au contraire faire lever des tensions sous-jacentes ou simplement rendre impossible le fait même méditer tant le dos, les jambes ou le ventre sont déjà trop tendus. Les séances de shiatsu, d’ostéopathie, de massages (véritables) ou encore la sophrologie peuvent réellement vous aider, physiquement, émotionnellement et énergétiquement. Il y a aussi l’exercice auquel vous prenez une part active par le Yoga, le Qi gong ou le Tai-chi. J’ai personnellement mis environ 4 ou 5 ans pour pouvoir maintenir mon dos et ma nuque droite sans douleur ; idem pour que mes jambes tiennent en tailleur pendant 30 minutes ou 2 heures, et tout ça grâce aux pratiques mentionnées plus haut.

Bien sûr, les tensions physiques sont souvent liées à des tensions émotionnelles, des mémoires enkystées, etc. Je pourrais faire un livre de cette question (“Changer” aborde de nombreuses questions autour de ce thème, malgré tout). Toutefois, en les investiguant, en les accueillant, vous pouvez déjà entrer en amitié avec elle et aussi peut-être libérer une part de ces tensions. La pratique elle-même peut faire remonter des choses (durant la méditation mais également après dans les heures qui suivent) mais tout cela est très libérateur si l’encadrement est juste et la pratique inscrite dans une voie complète.

Après, ce n’est pas là le cœur de la pratique. Cela m’amène au point le plus important : faire avec.

 

Faire avec ce qui est et non plus contre

Lorsqu’il y a tension et douleur : c’est ce qui est. C’est une manifestation du réel, ici et maintenant, en vous. Le problème est que bien souvent, on va pester contre elle. On va tenter d’y résister, de lutter contre ou de forcer pour continuer voire de se faire violence. On peut aussi, à l’opposé, tout arrêter ou encore nier les tensions et faire ainsi se déplacer le problème vers autre chose (un autre organe, un autre muscle, une autre émotion, etc.)… Rien de tout cela n’est la solution.

La pratique amène à un nouveau mouvement intérieur : faire avec ce qui est et non plus contre. Être avec celui-ci. S’il y a une tension (et il y en aura), vous pouvez apprendre à l’accueillir, à la voir et la goûter. Alors, non seulement, vous lui ouvrez la porte pour communiquer avec elle mais vous lui permettez aussi de la laisser partir. D’un blocage, vous en faites une pratique d’unification. Votre méditation devient effective et complète.

 

 

Crédits photo :

http://www.doctissimo.fr/forme/diaporamas/stretching-exercices

http://selection.readersdigest.ca/sante/vivre-sainement/10-etirements-essentiels-pour-les-sportifs-d-ete/view-all/

 

 

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