Un renouveau extérieur, depuis un renouveau intérieur

La situation actuelle, française autant que mondiale, est le reflet du grand virage dans lequel nous nous trouvons.

Il me semble important de comprendre que nous sommes dans l’épingle de ce virage, c’est à dire, comme je le dis depuis longtemps (mais c’est désormais visible et évident), on ne voit plus derrière nous, d’où l’on vient, mais nous ne voyons pas encore devant nous, vers où l’on va.

Cette position dans le grand tournant rend les choses très inconfortables pour la plupart d’entre nous parce qu’il nous met face à l’inconnu. Et cet inconnu génère de l’angoisse, du rejet, du déni et parfois de vives colères. Ce sont nos résistances intérieures.

Par ailleurs, l’ensemble de la situation fait aussi remonter d’autres émotions très enfouies en chacun de nous, ce qui participe encore à la tension intérieure qui est générée, à la confusion générale que cela entraîne tant dans les relations aux autres que notre relation à nous-même.

Tout cela, il est nécessaire d’avoir le courage de le voir en face. Si vous êtes sincère avec vous-même et qu’en plongeant en vous, vous découvrez cela, c’est formidable. Pourquoi ? Parce que cela signifie :

que vous êtes connecté à vous-même (sinon, vous n’auriez rien vu),

que vous êtes honnête vis-à-vis de votre cheminement intérieur

que vous pouvez, à partir de ce constat de votre « météo intérieure » capable de faire face

que vous pouvez dès lors, partant de l’ensemble de ce constat, agir, réfléchir depuis un état intérieur en lien avec la conscience.

Je vois un peu partout dans le milieu de la spiritualité ou du développement personnel le conseil de ne rien faire, de ne pas s’inquiéter parce que le monde va changer, que le grand virage est là et que tout ira mieux après.

Je ne partage ce point de vue que très partiellement. Pourquoi ? Tout d’abord, pour les raisons mentionnées plus haut. Ce qui compte pour beaucoup est la sincérité de votre réalité intérieure. Si vous demeurez en contact avec la paix des profondeurs de vous-même et qu’en même temps vous êtes complètement lucide sur ce qui se produit, alors, il n’y a aucun souci.

Si par contre, vous plaquez une joie fausse ou un détachement factice sur votre angoisse et votre bouillonnement intérieur (inconscient), car c’est là une des rares bouées à laquelle vous trouvez à vous raccrocher tant vous êtes perdu, vous faites erreur. Je ne dis pas non plus qu’il faut s’inquiéter, mais simplement qu’il s’agit d’être particulièrement vigilant et lucide. Implacablement lucide.

Mieux vaut être sincère et voir sa tristesse, sa révolte, sa confusion plutôt que d’être faux. D’autant que le retour de bâton ne se fera pas attendre.

Par ailleurs, ne rien faire et attendre peut s’avérer risqué, car certaines choses n’attendent pas. Entre autres, perdre des libertés fondamentales peut se faire très rapidement. Bien sûr, il ne s’agit pas ici de devenir ultra militant ni de faire usage de violence, mais simplement d’affirmer que des limites sont dépassées et qu’il s’agit de faire cesser cela.

Dans la suite de ce virage sont très probablement attendus, entre autres, une grande force, de l’humilité et un grand courage de notre part.

La force de voir en face la situation catastrophique du monde et de relever le défi pour nos enfants (dès maintenant).

Le courage pour ne pas baisser les bras et inventer d’autres chemins, d’autres manières d’être, d’agir, de créer.

Et enfin, l’humilité pour ne pas croire que l’on peut tout changer, mais voir qu’il faut la plupart du temps apprendre à suivre le Grand Courant de la vie, c’est-à-dire le mouvement des choses. L’humilité qui ouvre la voie pour se rendre à l’écoute, creux, plein de présence et vide de soi, pour entendre et écouter la face cachée du monde.

Ce n’est pas pour rien que Pablo Servigne et plein d’autres parlent « d’écoanxiété », du traumatisme que provoque la prise de conscience de la situation mondiale. Et je ne parle même pas du Pass Sanitaire ou des lois qui passent en ce moment.

Je ne cesse de me souvenir que le Dalaï-Lama lui-même a dû quitter le Tibet pour survivre, comme des milliers d’autres. S’est-il dit qu’il devait demeurer en méditation, immobile, tandis que les Chinois viendraient le mettre en prison ou l’assassiner ? Non. Et aujourd’hui encore, il œuvre pour son peuple et ne cesse, d’une certaine manière, de le défendre. Il en est de même de Martin Luther King ou Gandhi et bien d’autres.

La spiritualité n’est pas la faiblesse ou l’abandon. Étrangement, c’est même l’inverse. Imaginez le courage et la force intérieure d’Alexandra David-Neel pour accomplir de tels voyages (autant intérieurs que dans le monde) à son époque, en tant que femme, qui plus est ; Ou Nelson Mandela par exemple ? Ou encore les peuples autochtones manifestant avec des arcs et des flèches face aux policiers armés ?

C’est pour cela, entre autres que j’ai écrit « Le Petit livre du Guerrier Pacifique – face aux défis d’aujourd’hui », pour proposer un outil, un faisceau de forces de soutien, à ceux qui croiseront son chemin. Je prie pour que ce livre accomplisse cela au mieux et pour qu’il touche le cœur de ses lecteurs.

Alors, bien sûr, on pourra dire que j’insiste sur le côté « négatif » des choses. Je crois plutôt que le constat du monde est si terrible que l’on ne peut faire l’économie d’une pratique forte, une pratique impeccable. Une pratique enracinée dans le réel, tout en étant branché sur l’intuition. Sans quoi, sans cet ancrage dans l’ici et maintenant (quel qu’il soit), nous risquons de « planer », d’être déconnectés, et surtout d’être emporté comme une feuille morte au premier vent fort. Ce grand tournant que nous vivons demande toute nos forces de conscience, toute notre créativité pour imaginer et bâtir du Nouveau. Et cela ne peut se faire que si, nous, intérieurement, sommes renouvelés intérieurement. Sans cela, nous recommencerons les mêmes errances.

La Voie nous ramène sans cesse à constater vos illusions, nos errances, notre manque de sincérité, notre manque d’engagement vis-à-vis de nous-même. La Voie ôte toutes illusions et vous rend la Terre concrète de l’ici et maintenant. Le « cadeau » d’un ancrage dans les profondeurs de l’Être, paisible, ne vient qu’à partir de cet ancrage. Et ce même ancrage permet de s’élever au-dessus, sans l’avoir même demandé. Sans avoir rien forcé. Cela vient parce que les « racines » permettent à « l’arbre » de grandir.

Je ne crois pas du tout que le système s’écroulera du jour au lendemain. Je ne crois pas que ce gouvernement et les autres lâcheront comme ça leur pouvoir non plus.

Ce qui se passe est la résistance de cet ancien monde. Je ne suis pas le seul à le dire. Par contre, j’ai le sentiment d’être un des rares à inviter à la plus grande prudence par rapport :

    • à la durée et à la force que cela nous demandera pour traverser cela
    • à la lucidité et l’impeccabilité qui sont attendues
    • à appeler à être complètement sincère avec soi et les autres.

Cela m’amène à d’autres points. Cet ancrage en nous et dans l’instant présent, s’il est parfois désagréable, voire très remuant, il est par contre la possibilité cruciale de changer vraiment.

Oui. Car à partir de là, vous pouvez dès lors (et malgré votre possible inconfort) être vous-même.

Vous pouvez dès lors être sincère avec autrui, puisque vous êtes sincère avec vous même.

Vous pouvez dès lors poser des actes forts puisque vous êtes ancré en vous-même et dans l’instant présent.

Vous pouvez dès lors créer de nouvelles choses, une nouvelle directement à votre vie et donc potentiellement celle des autres, puisque vous êtes vous-même en changement. Et c’est cela qu’il nous faut : créer, être nous-mêmes, avoir cette audace puissante.

Car c’est cela. Mon chemin m’a maintes fois montré que, vivre l’instant présent, c’est avant tout cesser de le nier, de ne plus faire contre, mais avec celui-ci. Et donc de voir cet instant présent, tel qu’il est et non pas le voir rose, gris, tout blanc ou tout noir. C’est l’accompagner, comme en Qi Gong.

Cette capacité à être dans l’instant présent change tout. Vous avez alors la possibilité d’être à l’écoute. Mais cela implique aussi de voir et sentir, sans jugement nos propres mécanismes de résistance face à ce changement toujours présent.

C’est pour cela aussi que la voie demande l’esprit du Guerrier Pacifique. Et c’est toute la différence entre la sensiblerie et la sensibilité. C’est toute la différence entre rêver son chemin, et le vivre. Se laisser toucher, imprégner par les événements oui. Se laisser emporter par eux, non. C’est à cette condition que l’on peut digérer et transformer ce qui nous arrive.

Pour construire demain, il faut de nouvelles fondations. Et ces nouvelles fondations doivent être d’abord construites en nous-mêmes. Ce n’est pas une mince affaire, mais c’est l’affaire d’une nouvelle opportunité immense. Quel arbre traverse les saisons sans racine ?

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